On repart

Devant la mort du père
Comme les feuilles s’éparpillent
Après les noirs revers
La jetée des béquilles

Le nez au vent du large
L’horizon des frontières
La pensée dans la marge
Et les rêves de travers

Devant ces marées basses
Sous les couleurs d’automne
Où les amis s’effacent
Dans le fossé des hommes

Au son des coqs truands
À l’ombre des palaces
Au réveil des jours gris
À l’aube d’une petite place

On repart
Dans ce manège de dingues qui nous nourrit
On replie
Les souvenirs bleus dans nos chemises de nuit
On s’évade
Pour mieux retrouver son phare sous la pluie
On apprend
Qu’on apprend peu au tourbillon de la vie

Et on s’égare
Sur des sentiers cernés de paradis
On s’allie
À ces beaux idéaux chargés d’ennui
On s’arrange
Du merveilleux de cette chance qui nous lie
On apprend
Qu’on apprend peu au tourbillon de la vie

Au fil des nénuphars
Au son des voix ferrées
Au plancher du placard
Au cœur des déportés

Encore une journée
Sans être incinéré
Encore le grand défi
De préparer sa sortie

Et on repart
Dans ce manège de dingues qui nous nourrit
On replie
Les souvenirs bleus dans nos chemises de nuit
On s’évade
Pour mieux retrouver son phare sous la pluie
On apprend
Qu’on apprend peu au tourbillon d’la vie