Les lundis

Les lundis dans la vie
Ça remonte à petit
L’école ou le travail
Rassemblent le bétail

Un cadran qui nous fouette
Un quelconque déjeuner
Moulée dans son assiette
S’enfarger du bon pied

Retrouver la routine
En roulant dans l’trafic
La tête dans l’cellulaire
Préparer son cancer

Les lundis précipices
À l’envie de rien faire
À filer loin d’Alice
Ça nourrit le caractère

À l’abri des sans rien
Tout en tassant ses croûtes
Face au vide le ventre plein
Quand on s’plaint d’ceux qui ont toutt

Ces complets les cravates
Formatés du world beat
Chers vendeurs de savates
M’a t’en chier du Wall Street

Les lundis dans la vie
Gaspillés loin de la mer
Endurcis sourds de bruits
Fragiles aux tonnes de verre

Nous penseurs de ti-culs
Rois des tuques à pompon
Convaincus qu’on fait dur
À l’haleine des moutons

Les lundis quand on dit
T’as du pain sur la planche
Fonce en béni-oui-oui
Crève ou ben r’lève les manches

Les coups durs s’accumulent
Au jardin d’Ensorcèle
Chargé de sa quête de mule
Le bon ch’val tire pareil

En façades en mimiques
Ben attelé pour l’hiver
En avant la musique
Après une brique une brique

Les lundis c’est fini
J’ai mis l’temps à comprendre
Près d’Amélie Poulin
Y’a pus de lundi matin

Ton regard m’illumine
Ton sourire m’envahit
Mes vieux os s’émerveillent
Quand c’est toi qui m’réveilles