Je m’en vais

Je m’en vais tranquille
Tendres les mots de ma bouche
Loin des miens qui se couchent
Sans regret

Je m’en vais parce qu’il faut
Rallumer ces étoiles éteintes
À trop se mouiller aux contraintes
Jeter l’encre du rafiot

Je m’en vais des villes
Échapper à ces solitudes
Mur à mur de visages rudes
Aux chants des coquelicots

Je me rends au calme
Aux chevaux blancs de la Camargue
Écrire au son du creux des vagues
Sous le vent des marais

Je m’en vais
Panser des chutes à la conquête
Loin des feux de paillettes
Pleins d’attraits

Je m’en vais près d’elle
Qui m’a invité à sa table
Je sais les châteaux sont de sable
Sans attendre je m’en vais

Je m’en vais au chaud
De la fenêtre de sa chambre
Toucher les levers de lune ambre
Changer d’heure et de peau

Vivre en beauté les choses
Rimer avec la prose
À l’ombre du silence
M’accrocher à la chance

Redire à celle que j’aime
Que je l’aime pour la peine
Qu’il fait bon d’être là
Enchanté
Danser dans ses bras
Danser dans ses bras