Foule anonyme

Chants de vitrines bleu sale
En réclame de papier journal
Fardée de néons phares
Foule anonyme
Gavée d’écrans couleur
Désarmée de vocabulaire
Sur boulevards de nulle part
Fous les canards

Pas à pas le béton
Inondée d’envolées boulons
Aux yeux coulés à l’amer
Montres molles de Dali
Marquant les sentiers d’utopie
Naufrages et villes jetables
De parfaits inconnus semblables

Et si les anges avaient des ailes
Ils nous mèneraient au paradis
Mais si… mais si… mais si…
Mais si les anges avaient des ailes au paradis
Mais si… mais si… mais si…

Filets trop lourds de soif
Marins d’Aral pendus par cœur
Fini les nénuphars
Fini les nénuphars
Folle épitaphe

Et si les anges avaient des ailes
Ils nous mèneraient au paradis
Mais si… mais si… mais si…
Et si les anges avaient des ailes au paradis
Mais si… mais si… mais si…

Épaule contre épaule
Rêver à perdre haleine
Aux errants du morose
Au clair de la lune sans plume
Clouer le fond de sa chaise

Chants de vitrines bleu sale
En réclame de papier journal
Fardée de néons phares
Foule anonyme
Fardée de néons fades
Foule anodine

Et si les anges avaient des ailes
Ils nous mèneraient au paradis
Mais si… mais si… mais si…
Et si les anges avaient des ailes au paradis
Mais si… mais si
Tant pis… tant pis…