Le blues du mur

Et le progrès s’avance au milieu des déchets
Et brille la pâleur des revendeurs d’attraits
Quand prime la grisaille au bout du goût du jour
Au nez des travailleurs mis à pied sans amour

Habitué au bitume, à la foule, à la foire
Monde de métastases en ville
Quand sur les coquelicots poussés au désespoir
Le soleil brille et m’éblouit encore

Ça va bien, ça va bien
On voit ben qu’on voit rien
Toujours rien
À vrai dire on fait dur
On s’enligne tout droit dans l’mur
On s’enligne tout droit dans l’mur

Et le cadre qui planche au bond des intérêts
Et la folie qui pense en dix milliards d’octets
Étendre la misère et ses reflets d’argent
Aux filles déshabillées en service à douze ans

Habitué aux enclumes, au pepsi des décors
Monde du toi tais-toi docile
Quand sur les champs de mines menant aux dépotoirs
Le soleil brille et m’éblouit encore

Ça va bien, ça va bien
On voit ben qu’on voit rien
Toujours rien
À vrai dire on fait dur
On s’enligne tout droit dans l’mur
On s’enligne tout droit dans l’mur

Et vanter les bienfaits laissés à nos enfants
Sur des paroles en l’air en mensonges tout blancs
Pour un panda qui naît dans sa cage aux trésors
Combien d’humains s’éteignent au jeu des mises à mort

Habitué aux tournants peu importe le sens
Monde du on s’en fout tranquille
Si le couteau s’enfonce au cœur de l’abattoir
Le soleil brille et m’éblouit encore

Ça va bien, ça va bien
On voit ben qu’on voit rien
Toujours rien
À vrai dire on fait dur
On s’enligne tout droit dans l’mur
On s’enligne tout droit dans l’mur

On murmure qu’on est mûr pour le mur