Main et portage

T’es un arrache chapeau
Un grand balayage
Une poussée dans le dos
Une fabrique à orage
Un support à oiseau
Un accroche nuage

T’es un sonneur de cloches
Un relève jupon
Un lisseur de roches
Une caresse, l’érosion
Et quand t’essuie mes pleurs
C’est ça le son

J’entends le soupir du vent
Tu es dans le soupir du vent

T’es dans l’écho de l’âme
La voix des ancêtres
Sur la branche de l’arbre
Qui tape à ma fenêtre
Sur la nappe de poussière
Que tu fais apparaître

Pour les histoires des vieux
Qui ont manqué de temps
Pour les rires de ceux
Qui resteront enfants
T’es un micro à fantômes
Une flûte à géants

J’entends le soupir du vent
Tu es dans le soupir du vent

Y’a pas un jour qui passe
Sans que je n’pense à toi
Sans qu’un sourire se trace
Quand le manque me noie
Y’a la risée brasse
Y’a l’ouragan broie

C’est quand tu t’es éteint
Qu’le vide a eu raison
Jusqu’à ce que l’air soit plein
De bourrasques d’émotion
Et quand t’essuie mes pleurs
C’est ça le son

Où est l’éternité?
Dans la plaine sauvage
C’est où tu es allé
Caresser des visages
Tout décoiffer
Sur la main et portage