Tôt ou tard

À force d’avaler nos cheveux dans leur soupe
Un jour les bélugas couleront comme des chaloupes
Tôt ou tard
À force de bouffer nos excréments chimiques
Un jour les fruits de mer seront tous en plastique
Tôt ou tard
Et pour se rappeler comment c’était de l’eau
On se passera les films du commandant Cousteau
Ou alors simplement on se jouera La mer
«La mer qu’on voit danser le long des golfes clairs»

REFRAIN
Tôt ou tard, tôt ou tard
Un jour il sera trop tard
Un jour il sera trop tard

À force de triper jour et nuit sur l’acide
Un jour les pluies d’été n’arroseront que le vide
Tôt ou tard
À force de gazer l’ozone et l’atmosphère
Un jour on finira par bâtir le désert
Tôt ou tard
Et pour se rappeler à quel point c’était beau
Y aura toujours les vers de l’Aube de Rimbaud
Sinon quelques photos de vacances aux Antilles
Rescapées par hasard d’un album de famille

REFRAIN

À force d’exploiter tout ce qui n’est pas nous
Qu’on pleure à la télé tant que c’est à genoux
Tôt ou tard
À force d’affirmer que nous sommes tous des frères
Du moment qu’on peut jouer au cow-boy nucléaire
Tôt ou tard
Un jour on entendra sur une autre planète
Dans l’immense dérive de l’heure et des comètes
Une chanson qui dira comment c’était joli
Ce caillou dans l’espace où s’ébattait la vie

REFRAIN