Notre chambre

La lampe basse et le divan
La table devant la fenêtre
Les rideaux bleus sur le mur blanc
Il me semble voir apparaître
La ville avec ses toits anciens
Dans le lointain les bateaux pâles
Où nous faisions s’il t’en souvient
De longs voyages sans escale
Notre chambre
Notre chambre

Rappelle-toi le plat de fruits
Sur le comptoir et les fromages
Pour les amis des longues nuits
À refaire un monde moins sage
La musique y tournait sans fin
Comme un air tendre et respirable
C’était le havre et le jardin
Le feu de bois la bonne table
Notre chambre
Notre chambre

Dans les soleils d’après-midi
Traversés de fraîche légère
Il me revient le parfum gris
De fleurs mourant sur l’étagère
Je nous revois plus sûrement
Que si l’on s’y trouvait ensemble
Dans les jeux calmes des amants
Parmi la lumière qui tremble

J’y reviens mais n’y trouve plus
Ni les vieux trottoirs ni la porte
Un building neuf est apparu
Rien ne reste des pierres mortes
Plus rien ne se souvient de nous
Et seul un trop lointain nuage
Me parle de cet oiseau fou
Dont nous avions brisé la cage
Notre chambre
Notre chambre
Comme une étoile imaginée