Noces

Nous marcherons plus loin
Que le bout des chemins
Jusqu’à la source froide
Où nos pâles poussières
S’en iront dans le vent
D’un humide matin
Et feront une fleur
En notre cimetière

Avec tes gestes creux
Tout imprégnés de mort
De grands soleils éteints
Nous ravirons nos ombres
Et répandront en nous
L’amère absence d’or
Où notre œil se retourne
Et nos souvenirs sombres sombrent

Nous serons étrangers
Parmi des murs sans nom
Fragiles de vertige
Aux choses inconnues
Quand un profond couteau
De formes et de sons
Brisera nos regards
Pour nous rendre la vue
Et nous rallumerons ces soleils tout puissants
Avec des mots ravis aux couleurs de l’automne
Et des verbes puisés
À l’aube de ce sang
Qui luira dans nos corps comme un clairon qui sonne

Et l’instant qui s’effrite
Entre hier et demain
Rejaillira soudain
Source et vivante flamme
À l’éternelle fleur
Pour habiller enfin
À perte d’univers
La forme de nos âmes