Il pleut il neige

Il pleut il neige et les jours passent
J’attends je ne sais quoi j’attends
Je ne sais qui au loin j’entends
Mozart les trains fendent l’espace
Je me trompe c’est Stravinski
Il fait noir la tête s’embrouille
Et l’amour pourrit sous la rouille
Des machines couleur kaki

Tes enfants portent des guenilles
Mais tu vas cracher ton impôt
Bientôt on te prendra ta peau
Chante la cloche au campanile
Et toi tu as faim bien sûr mais
Tu n’es pas inscrit sur leurs fiches
Toi qui dessines des affiches
Ton nom ne s’y lira jamais

Et toi dans ta chaise roulante
Toi qui attends depuis vingt ans
Ta femme elle t’aimait pourtant
Pourquoi comme la mort est lente
Et tout regarde le tombeau
En cette terre misérable
Le tracteur arrache l’érable
Où donc dormiront les corbeaux

On passe sans se reconnaître
On fait la guerre aux innocents
Harlem a couché dans le sang
Un homme a sauté la fenêtre
Non cet amour entre nos mains
N’a pas assez versé de larmes
Où sont les sonneries d’alarme
Et les clés d’or des lendemains

Ah que la peur au moins nous ceigne
Dites à quel bout de mes doigts
Commencent vos doigts si je dois
Saigner aussi lorsque tu saignes
Dites-moi mais rien ne va plus
Les jeux sont faits la roue se lasse
D’ennui au soleil sur la place
On fusille un dénommé Jésus