Cheminées

Les cheminées sont hautes
Et lourdes les fumées
Les loyers sont trop chers
Et c’est si dur d’aimer

Chez nous c’est pas la mer
Ni les bois ni l’espace
C’est les autos qui passent
Et les horizons de fer
Y a des oiseaux publics
Sur les fils électriques
Ça sent les frites et les affaires

Les cheminées sont hautes
Et lourdes les fumées
Les loyers sont trop chers
Et c’est si dur d’aimer

Le bonheur c’est combien
Combien par mois j’veux dire
On sait pas comment dire
On n’a pas les moyens
On oublie ça faut croire
À la tévé le soir
On est personne on pense à rien

Les cheminées sont hautes
Et lourdes les fumées
Les loyers sont trop chers
Et c’est si dur d’aimer

On court après le temps
Y’a qu’les jours de tempête
Que tout l’bazar s’arrête
Mais c’est pas pour longtemps
Le trafic de cinq heures
C’est mauvais pour le cœur
Où c’est qu’on sera dans quarante ans

Les cheminées sont hautes
Et lourdes les fumées
Les loyers sont trop chers
Et c’est si dur d’aimer

Dollars placements progrès
Ça tourne et ça réclame
Et y a des rues madame
Où le soleil vient jamais
Un accident deux morts
Au son des transistors
Une cigarette et on s’y remet

Les cheminées sont hautes
Et lourdes les fumées
Les loyers sont trop chers
Et c’est si dur d’aimer