Les amours de quinze ans

Les amours de quinze ans s’en vont sur les trottoirs
Menant main dans la main leur cœur à la fontaine
On les voit tendrement qui traversent le soir
Les amours de quinze ans s’en vont à la fontaine
Ils marchent lentement comme déjà plus lourds
Doucement, gravement et leur pas sonne à peine
C’est écouter mieux le chant de leur amour
Ils marchent lentement et leur pas sonne à peine

Ils connaissent le poids du moindre frôlement
De la main, de la joue, de l’œil et du corsage
Le hasard les fait-il se toucher en dansant
Ils connaissent le poids de l’œil et du corsage
Ils se font des romans, s’inventent des douleurs
Le bonheur innocent, ce n’est plus de leur âge
Et les mots qui les tuent ne sont pas tous les leurs
Ils se font des romans, c’est déjà de leur âge

C’est un soir en passant sous un saule mouillé
Qu’ils se sont arrêtés qu’ils se sont dit je t’aime
Et la brume abrita leur tout premier baiser
C’est un soir en passant qu’ils se sont dit je t’aime
Qu’importe si demain les sépare à jamais
L’été ne vient jamais avant les alouettes
Si beau que soit juillet, rien remplace mai
Qu’importe si demain chasse leurs alouettes

Les amours de quinze ans s’en vont sur les trottoirs