Barbara

Je suis entré dans la pièce
Sans qu’elle me voie
Elle, attachée par une laisse
Au piano droit

J’ai voulu prouver ma foi
En une force suprême
J’ai laissé glisser mes doigts
Et lui ai crié «je t’aime»

Les notes du piano droit
Suivaient sa voix
Comme un corps sous la secousse
Des jours trop froids
Je lui ai laissé goûter la sainte crème
Saupoudrée de jaunes joies
De sucres ternes

Son sourire s’en est allé
Au loin de moi
Pour me laisser solitaire
Triste, apeuré

Devant la tiédeur des femmes du mois de mai
Jamais plus je n’toucherai aux jolies fées

Barbara reste immobile

Barbara reste immobile

Barbara reste immobile