La vie

Entrez, entrez, mesdames, messieurs
Entrez, entrez, ce n’est qu’un jeu
Entrez pour rire, entrez pleurer
Entrez pour voir, entrez entrez
V’nez voir la vie, sous toutes ses formes
La vie blessée, la vie difforme

Quelques erreurs, quelques suicides
Des coups d’état, des génocides
Des rescapés d’Hiroshima
Entrez, faudrait pas manquer ça
Du Biafra directement
Des p’tits enfants presque vivants
Des millions d’Juifs carbonisés
Des Rouges, des Noirs, battus, brisés

La vie c’est comme une grosse machine
Qui t’passe dessus, qui t’brasse, qui t’brime
À prend ton temps pis ta santé
À tisse sa toile sans s’arrêter
À l’attend comme une araignée
À sait qu’un jour à va gagner
Que tu soyes pauvre, que tu soyes riche
Vient un moment où on s’en fiche
Quand l’heure arrive à sacre son camp
À laisse la mort faire le restant

Entrez, entrez, mesdames, messieurs
Entrez, entrez, ce n’est qu’un jeu
Entrez pour rire, entrez pleurer
Entrez pour voir, entrez entrez
V’nez voir la vie, sous toutes ses formes
La vie blessée, la vie difforme

En Grèce, au Brésil, au Chili
Les généraux se multiplient
Les démocrates perdent du terrain
Survivent-ils? On en sait rien
V’nez voir des vols, des attentats
Des beaux viols, des assassinats
Vous pourrez pas voir ça ailleurs
V’nez voir la vie à son meilleur

Des fois est belle, mais c’est ben court
À t’fait plaisir, à t’fait l’amour
Jusqu’au jour où tu t’aperçois
Qu’a faisais juste se moquer d’toi
Au moment où tu l’aimes au boutte
À s’vire de bord de boutte en boutte
Pis à t’montre qu’osse qu’à l’a d’plus laid
Toé qui pensais qu’la vie t’aimait
Là tu te rends compte finalement
Que tout c’qu’à veut, c’est voir ton enterrement

Entrez, entrez, mesdames, messieurs
Entrez, entrez, ce n’est qu’un jeu
Entrez pour rire, entrez pleurer
Entrez pour voir, entrez entrez
Entrez, entrez, entrez entrez
Entrez mourir