Lettre à mon presque jumeau

Toute ma vie
J’ai recherché ton attention,
Ton intérêt, ton affection.
J’enviais tes nombreux talents,
Au petit mien qui m’a causé
Tant de tourments.

Nos chemins n’ont pu se croiser:
Tu me fuyais, je t’encombrais.
Tu m’écartais du tien
Trop occupé à briller,
T’évader de notre prison
Pour de futiles chansons.

Pourtant,
De tes frasques d’adolescent
À tes drames inconséquents
J’aurais pu te protéger,
Oui, moi, te sauver.
L’étrangère, t’as préféré...

Ta prestance, ton intelligence,
Ton élégance, ta délinquance,
Ta beauté, peut-être...
Toute ma vie je t’ai attendu,
Dans tous les autres je t’ai cherché.
Étais-tu donc l’homme de ma vie?

Ne serai-je donc jamais rien pour toi?
Qu’une petite sœur sans importance?
T’as jamais su à quel point
C’est toi qui me manques!
Je me suis illusionnée.
Je dois me résigner
Et ne plus rêver.

Signé,
Ta presque jumelle.