Les vautours

Rôdez, tournez
Lentement au-dessus
De votre proie.
Gentiment,
Avec adresse,
Avec finesse.
Les caresses,
Les promesses
Qu’elle recherche.

L’amour,
Le succès,
Mirages.
Planez encore
De plus en plus près.
Elle est là,
Offerte.
Comme l’agneau
À immoler.
De vos serres
L’avez prise.
Goûtée,
L’avez abandonnée
Comme une naufragée
Sans bouée.
Dans la fosse aux lions
L’avez entraînée.
De loin, l’avez regardée
Se faire broyer.

Dupée, meurtrie,
Vidée de son sang
Elle s’accroche.
Démunie,
Solitaire,
Écorchée,
Affamée.
Que dégage-t-elle donc
Pour s’attirer
Tant de beaux parleurs?

De sa lumière, on veut briller.
Elle, confiante,
Croit l’emporter.
La chance n’est pas
Au rendez-vous.
Quand le bateau coule...
Les vautours ne sont pas
Toujours ceux qu’on pense…