Valmore et Flavie

Et il s’appelait Valmore
Et elle s’appelait Flavie
Ils vivaient sans remords
Entre la mort et la vie

Nés chacun dans leur propre ville,
Mais tous les deux près d’un arbre sycomore
Flavie est née de parents ravis,
Et Valmore, lui bien, de parents mornes

Chacun tenait tant à la vie
Qu’ils trouvèrent la morphologie
Pour résister au mal de vipère
Et repousser l’instant de la morsure

Chacun traça sa ligne de visage
Tout en faisant face à leur mornifle
Ils apprirent chacun par la survie
Qu’les douleurs avec le temps s’amortissent

Sans s’connaître ils eurent la même vivote
Et le même désir de mordre
Ils n’avaient demandé à personne l’avis
Avant de s’mettre le cœur en mille morceaux

Refrain

Puis sur le chemin qu’ils ont suivi
Ils se sont croisés sous un arbre sycomore
Cupidon qui était là a su si bien viser
Que l’un pour l’autre ils devinrent mi amor

Puis ils se donnèrent leur violon
Amoureux à mort, à mordiller
L’histoire d’amour qui s’écrivit
Plusieurs encore s’en remémorent

Mais alors qu’ils avaient l’envie en rose
On l’sait c’est souvent à c’moment qu’la mort ose
Arracher les gens sans préavis
Par la grande faux du temps qui la mort morcelle Flavie

Et eux qui s’étaient amourachés jusqu’aux viscères
Ils furent séparés par la morphine
À quoi donc l’amour et la vie servent
Quand les neiges des amants se morfondent

Refrain

Valmore l’âme en peine poursuivit seul
Sa route, tentant de garder le moral
Quand un soir dans le brouillard il revit Flavie
Qu’elle lui donna en fantôme cette douce morale:
«Même dans la mort il y a la vivace!
Même enterré sous le sycomore!»
Valmore cri à la victoire
Car Flavie dans la brume lui a dit:
«There is more»