Comme des rames

J’ai croqué ta pomme, ta pomme d’Adam
Et depuis je n’ai jamais eu faim de corridors autres que ton corps
Ton corps est ceint de fleurons glorieux

J’ai pris ton bateau, ton bateau en papier
Je n’avais jamais vu la mer avant en bottes d’eau ou même en souliers
Je n’avais jamais vu la mort avant

J’ai inventé une île, une île à colorier
Mais je n’ai rien pour tailler nos crayons comme des rames qui auraient trop ramé
Nos couleurs ont fini par s’estomper

J’ai cassé l’aviron, j’l’ai cassé sur ta tête
J’l’ai cassé sur ta tête, j’l’ai cassé sur ta
Cassé l’aviron, j’l’ai cassé sur ta tête
J’l’ai cassé sur ta tête, j’l’ai cassé sur ta

J’ai construit un radeau pas plus grand que nous deux
On pourrait réinventer nos couleurs et notre épave ce serait un pavé
On s’assoirait dessus pour exister

J’ai reçu un coup, un coup de téléphone
C’était un appel outre-mer, un coup de toi, c’est un coup de la terre
Je l’ai reçu en plein dans la vie

J’ai cassé l’aviron, j’l’ai cassé sur ta tête
J’l’ai cassé sur ta tête, j’l’ai cassé sur ta
Cassé l’aviron, j’l’ai cassé sur ta tête
J’l’ai cassé sur ta tête, j’l’ai cassé sur ta

Quand tu as pris l’eau, l’au-delà de l’eau
Je crois que j’en ai avalé, tu sais le rhume que tu m’avais donné
Je l’ai perdu quand tu t’es noyé

J’ai hissé ton nom, ton visage, ta douceur
Au plus haut des mâts de mon cœur

J’ai cassé l’aviron, j’l’ai cassé sur ta tête
J’l’ai cassé sur ta tête, j’l’ai cassé sur ta
Cassé l’aviron, j’l’ai cassé sur ta tête
J’l’ai cassé sur ta tête, j’l’ai cassé sur ton cœur