La corneille

Corneille, ma noère
Corneille qui m’saoule
Opaque et envoûtante
Venue pour posséder ta saison et ta descendance
Déjà, l’été goûte un soleil de mûres
Déjà, tu conjoins en ton vol la terre et l’espace

Corneille, ma noère
Corneille, ma noère
Jusqu’en ma moelle

Au plus bas de l’air de même qu’en sa hauteur
Et dans le profond des champs et des clôtures
S’éveille dans ton appel l’intimité prochaine
Du grand corps brûlant de juillet

Corneille, ma noère
Corneille, ma noère
Jusqu’en ma moelle
Corneille, ma noère
Parmi l’avril friselis

Tu me fais prendre la femme que j’aime
Du même croassement rauque et souverain
Dans l’immémoriale et la réciproque
Secousse de nos corps
Corneille, ma noère

Avec l’alcool des chaleurs nouvelles
La peau s’écarquille et tu me rends
Bric-à-brac sur mon aire sauvage et fou braque
Dans tous les coins et recoins de moi-même
J’ai mille animaux et plantes par la tête
Mon sang dans l’air remue comme une haleine

Corneille, ma noère
Corneille, ma noère
Jusqu’en ma moelle
Corneille, ma noère
Parmi l’avril friselis

Tu me fais prendre la femme que j’aime
Du même croassement rauque et souverain
Dans l’immémoriale et la réciproque
Secousse de nos corps
Corneille, ma noère

Parmi l’avril friselis
Parmi l’avril friselis
Parmi l’avril friselis
Jusqu’en ma moelle

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