Tel père, tel vice

Une vie naïve de dix ans
Mère dépressive, un père absent style dictateur au regard tranchant
“Qu’est-ce t’as fils, dis qu’t’as peur!"
Il dicte la peur dans tout le foyer
Et devient d’autant plus bestial quand vient le temps d’payer les bills, le loyer
Voyez, c’n’est pas que le père n’aime pas son fils
Il l’aime beaucoup
Son vice, souvent trop saoul, s’en fiche et envoie trop d’coups
Tu l’mets à l’épreuve, réponse plein d’jurons
T’défonce à coups d’ceinturon et t’gonfle un djol de Mick Jagger
Et la mère, visage maussade teinté d’contusions, les yeux remplis d’confusion
Fait d’son mieux, mais dans son jeu se trahit
Combien d’fois a-t-elle brûlé le mais
Debout devant le four, regarde sa bague et crie
“J’ t’haïs" en pensant à son union
Quelles conneries
Dès qu’on entend la sonnerie, plus personne ne rit
La mère place le couvert et l’enfant court dans son lit
Couché sous ses draps, il constipe à l’idée que ce con d’type
Viendra jouer avec lui, la main dans son slip

After all you’ve done wrong, you want me to forgive you
You say you love me
How dare you forget the past
I don’t believe you when you say you’re sorry

Maintenant treize ans, souvenirs blessants, la même chienne de vie
C’pendant, aujourd’hui, l’enfant est conscient de la scène et prie
L’Seigneur d’lui laisser le droit d’s’en sortir
Imagine le sang sortir d’ses veines et s’dit “c’est pas la peine"
Et la haine de lui s’empare et sèche vite ses larmes
Il sert vite son arme
“Mais quand est-ce ça va finir" et puis il encaisse
Et grinche la porte, le père rentre soul dans sa chambre
Il fait semblant d’dormir, mais l’père s’en fout
“Lève-toi qu’on joue ensemble"
Les mains de l’homme courent sur son corps
Il aimerait tant le foutre à terre, le battre, mais son esprit, ses bras sont morts
Le souffle chaud de l’ivrogne jusque dans son cou
Et l’père descend la main d’l’enfant sur son sexe et l’histoire suit son cours
Le fils se sent sale, pénétré jusqu’au mental
Et quand le rongent les menaces
Il s’dit “c’est trop" et d’mande de l’aide à sa mère
Cesse tes mensonges, idiot, tu veux créer le scandale
Au fond, la mère sait, mais l’ignore
Pour n’pas réveiller le chat qui dort même plus

After all you’ve done wrong, you want me to forgive you
You say you love me
How dare you forget the past
I don’t believe you when you say you’re sorry

Les années passent, le passé s’tasse sans cicatrice
Dehors, un homme presse sa blessure sous un temps qui attriste
Un temps pluvieux, la pluie remplace les larmes quand t’en n’as plus, vieux
Même vingt ans plus vieux, son père lui dit encore
“Qu’est-ce qu’il y a, fils"
“Rien, tout va bien"
Le regard stoïque, observe son père, sa mère avec amertume
Fume, tel un Mohican, sa cigarette pendant qu’ils allumaient un calumet
Il voulut les frapper puis s’dit “arrête", geste héroïque
Et l’père dit “fils, j’suis désolé", la tête qui baisse
Salaud, on dit que les paroles s’envolent, mais les cris restent
Et aujourd’hui, j’n’ai même plus d’voix
Et toi, tu crois qu’t’es mon père
Pour moi, t’es rien si j’suis quelqu’un
Tout c’que t’as fait, je f’rai le contraire

Et l’fils s’en va, la vague à l’âme, pensant à hier
Se blâme, rentre chez lui, embrasse sa femme puis entame une prière
Il monte au deuxième border sa fille, la r’garde, lui dit “je t’aime" puis à l’oreille lui chuchote
“Déshabille, enlève ta culotte"

Oh oh-oh, after all you’ve done wrong, you want me to forgive you (after all you’ve done, you want me to forgive you)
You say you love me (you say you love me)
How dare you forget the past
I don’t believe you when you say you’re sorry (no i dont)
How can I forget the past (how can I forget the past)
I don’t believe you
No, I don’t believe you (I don’t believe you anymore)

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