Le printemps se dresse

On beurre une autre couche
De nos propres prières
Notre bois mort de souche
Qui pourri cette terre.
On jasait de l’assainissement des finances publiques, mais pas de nos rivières

Les veines de pétrole
Piquées de partout
S’arriment à ces larmes
Qui accostent mes joues
Ya pas d’autochtones dans ma vitre, juste une clameur, quand le prix du baril chute

J’pense que j’vis dans le ciment
Le cœur encabané
La grande noirceur au ventre
La bouche pleine de péchés
Je mobilise ma fierté, mais elle me répugne
J’pense que j’la dégoûte
J’lui vends que j’suis impuissant

J’pense qu’on vit dans le ciment
Le cœur encabané
La noirceur à nos portes
L’austérité en bouche
Apeurés par des chiffres
Qui quantifient nos rêves
Mais ce qu’on a pas compris
C’est que la vie se résume à se battre sans cesse,
pas juste l’instant d’un printemps

J’ai rêvé qu’on déconstruisait,
Tout ce qu’on est et ce qu’on était
Qu’on cessait de glorifier les riches
c’mode de vie où l’amour striche
Qu’on racontait à qui le veut bien nos légendes
Où nos forêts nous faisaient apprendre
Qu’un pied-de-vent peut changer un homme

Parfois, j’rêve que le printemps se dresse
Et le printemps se dresse
Et le printemps se dresse
Sans dieu, ni maître, ni bourgeon