Coeur a l’ouvrage

J’ai pas le cœur à l’ouvrage faut que tu rentres travailler

Je veux pas réinventer la roue, juste la faire tourner

Pas escalader des pyramides, juste m’y faire enterrer
J’ai pu la force de m’astiquer
Pis y faut qu’j’me force pour mastiquer
Chercheur de magie
Fibonacci
Paraît qu’il fait bon vivre ici
Faque, j’dois avoir une allergie
Pourquoi j’me réveille pas heureux?
Pourquoi ce que j’aime me rend pas heureux?
Depuis quand j’suis si peureux?
Depuis quand j’ai peur de devenir fou?
Pourquoi l’avenir me paraît si flou?
Hier, j’allais bien, j’veux être hier
Envie de rien, j’erre au vestiaire
Peur d’avoir peur si j’me retrouvais tout seul devant des gens
Tant dans même loop
Qu’j’connais par cœur chaque contretemps de chaque instrument
J’faisais partie des fendants qui répètent si tu veux tu peux
J’me répète sans cesse maintenant fais juste de ton mieux

J’ai pas le cœur à l’ouvrage
Encore moins l’esprit
Ma vie prend le large
Faut que tu rentres travailler
Quand tu rentres travailler
Faut pas que tu t’enfarges
Chaque fois que le soleil tombe y s’écrase sur mon dos
Et l’angoisse monte et monte en crescendo

Les nuits blanches portent pas conseil
M’laissant un cerne sous chaque œil
On m’donne des antidépresseurs
J’t’à deux pilules du faux bonheur
Mais si c’est le système l’oppresseur
J’vais-tu me libérer d’mon neurodépresseur?
Dis-moi, qui va me libérer?
J’aurais beau me gaver de cachets pour la forme
J’ai pu de patience, j’veux mille grammes
Oublier la nature de l’homme
Expérience de Milgram
Y paraît que c’est une question de chimie fuckée dans le cerveau
Little pills te gardent à flot
Mais dès que ça chie, tu retombes à l’eau

Y paraît que comme le mauvais temps
Les substituts durent rien qu’un temps
Mais l’soleil artificiel danstête de maman
La brûle à petit feu depuis plus de 30 ans
Otage dans ma propre tête
L’âge rendra pas l’cœur à la fête
Le seul point positif j’en parle autour de moi
Devant le précipice on est des millions qui ondoient

J’ai pas le cœur à l’ouvrage
Encore moins l’esprit
Ma vie prend le large
Faut que tu rentres travailler
Quand tu rentres travailler
Faut pas que tu t’enfarges
Chaque fois que le soleil tombe y s’écrase sur mon dos
Et l’angoisse monte et monte en crescendo

J’avais promis et redit qu’jamais j’irais chez le psy
Mais me v’là deux jours par semaines à brailler en thérapie
Ça sert à quoi d’être fonctionnel?
Payer le loyer, pis de l’optionnel
Y’a rien dans ce monde qui fait du sens
Faut pu murmurer ce qu’on pense
La mélodie du bonheur est crissement désaccordée
On m’a dit c’est de valeur, mais danse bêtement sans y penser
J’envie les poor dudes qui enchaînent non-stop clope sur clope
Moi, c’est clip sur clip sur Youtube, jamais au top du top
J’veux pu faire face à la musique
Aux faux sourires, aux hypocrites
À ces bullshitteurs chroniques
Leurs beaux airs t’jouent danstête ensuite
Merci de me supporter
Mais tout seul, chez moi, de mon côté
J’ai pu envie de vous supporter

Chaque fois que le soleil décline
Y’étouffe le peu de mon énergie
Angoisse et mélatonine
Allez fais un vœu, souffle une autre bougie
J’attends l’arrêt maladie
Mais j’ai du mal à dire

J’ai pas le cœur à l’ouvrage
Encore moins l’esprit
Ma vie prend le large
Faut que tu rentres travailler
Quand tu rentres travailler
Faut pas que tu t’enfarges
Chaque fois que le soleil tombe y s’écrase sur mon dos
Et l’angoisse monte et monte en crescendo