Allez pauvre con

Les cultures changent; ce qui est bien est mal
J’ai ouvert un livre, impossible à refermer
J’ai mis des chaînes à un rêve, impossibles à enlever

Les souvenirs me hurlent, de vieux ados finis
Qui ont trouvés plus rassurants, d’échapper à leur vie
Et le vide me parle, tapis et constant,
La chance est relative à tous moments

Pleurs sur ta carrière; ton ami mort
Ton avenir fade; aucune raison n’est mauvaise pour pleurer
De nos jours; on a tous besoin de pleurer

Les paroles partent; les écrits décomposent
Le froid de mon ordinateur enfin me parle
Je martèle la tête, de mon téléphone portable
Joignant toujours cet utile au désagréable

Et le non sens reste et stagne
S’estompe, comme seule porte de sortie
Je n’avais pas besoin de cours d’économie
Pour comprendre que j’ai été vendu et acheté des millions de fois

Le savoir semble sinueux
On ne le cultive plus mais on le doute
«Tu n’iras nulle part sans diplôme»
C’est vrai; mais ce monde ne va nulle part de toute façon

Diplôme en main; complaisons-toi dans l’échec
Vivre, au fond, c’est savoir se démerder
Et le non sens; sans cesse, reste et stagne
De nos jours; on a tous besoin de pleurer

Une job de merde, ou bien l’école
Comme seule alternative, ce mur d’incertitude
Qui s’effondre? Qui se fera écraser sous le poids de ses dettes le prochain?
Dites moi pourquoi l’éphémère, ne me quitte t-il pas?
J’me suis plus teint les cheveux depuis des années
Je commence à avoir envie de rentrer
Allez pauvre con,
T’auras une job de merde de toute façon