Le cimetière

J’me lève, j’me couche, y a rien qui change
À part la date et les saisons
Coloc avec mes obsessions
Mes inquiétudes, mon ignorance
Faudrait que j’fasse un peu d’ménage
Et que je prenne des décisions
Peur de rester juste assez sage
Pour comprendre que chu un moron

Je fais rarement ce qu’il faudrait
Guidé par ma paresse immense
Me manque la foi, la discipline
L’urgence de vivre et la confiance
De ceux qui bâtissent de grandes choses
Et qui n’ont pas peur de l’échec
Pendant que je me décompose
L’angoisse au cœur, la clope au bec

De mauvais choix en mauvais choix
De plans bancals en idées caves
Peut-être que j’ai manqué ma voie
Peut-être que j’ai manqué mon lift
Vers là où j’serais au bon endroit
Y a-tu quelqu’un qui vit la vie
Que j’étais supposé avoir?
Peut-être que j’ai la sienne aussi

Encore obligé d’être moi-même
Avec ma bedaine pis ma peau blême?
Pourtant hier, quand j’étais chaud
J’tais sûr d’être un super-héros
J’aime les papillons, les oiseaux
Même si j’voulais les imiter
C’est ben juste dans les étalages
Que je réussis à voler

J’veux jamais voir le cimetière
De toutes les choses que j’pouvais faire
Mais que j’ai jamais essayées
Par insouciance ou par lâcheté
J’aurais peur d’y trouver l’bonheur
Pétrifié là, à tout jamais
Qui m’dirait “falloir que tu meures
Sans m’avoir connu pour de vrai"

De mauvais choix en mauvais choix
De plans bancals en idées caves
Peut-être que j’ai manqué ma voie
Peut-être que j’ai manqué mon lift
Vers là où j’serais au bon endroit
Y a-tu quelqu’un qui vit la vie
Que j’étais supposé avoir?
Peut-être que j’ai la sienne aussi
Peut-être que j’ai la sienne aussi