Tout c’que t’as

J’ai construit des saisons plus longues que des vies
J’ai détruit tous les ponts d’hier à aujourd’hui
J’ai venté puis j’ai plu, j’ai neigé puis gelé
J’ai marché comme j’ai pu, j’ai appris à voler

J’ai donné, j’ai reçu, coups de gueule et caresses
J’ai mangé puis j’ai bu un peu seule et mes fesses
J’ai parlé j’ai déçu j’ai menti puis chanté
J’ai dansé toujours nue, j’ai appris à aimer

Tout c’que t’as tu l’as choisi
C’est bien ça qui fait peur
Si c’est pas ça c’est quoi alors Le bonheur.

J’ai laissé dériver le vrai et puis le faux
J’ai choisi pour dérive les lointains mais pas trop
J’ai fait des compromis jusqu’à perdre mes mots
J’ai voulu des amis qui ne soient pas trop beaux

J’ai reposé ma tête croyant le temps venu
J’ai fait semblant pourtant... que suis-je devenue?
J’ai endormi la bête je me suis reposée
Je rêve en attendant, et me force à voler

J’ai rencontré la paix en me souhaitant la guerre
J’ai fait fleurir demain tout en brûlant hier
J’ai revu qui j’étais quand j’étais sur la terre
J’ai repris par la main mes anciennes colères

J’ai foncé droit devant j’ai laissé tout derrière
J’ai aimé un enfant sans croire à la misère
J’ai tout fait pour tout faire sans jamais trop m’en faire
J’ai dit non sans me taire j’ai affronté l’hiver