Héroïne

La clairière est encore là
La lune s’fait pleine jusqu’au bout de mes doigts
Les pneus crissent pis les prêtres sacrent
De peur d’enlever au Christ une couche de nacre

Le tartare sent la pisse
C’est qu’il se défend humblement
Contre les chats qui l’assaillissent

Les poubelles ont des oreilles
De la compassion et une écoute formidable
Et la neige qui fond laisse renaître les botches d’autrefois

Nostalgie
Je suis chez moi

Mes yeux virent à l’indécis
Loin des sirènes et des épiceries
Est-ce Morphine ou Morphée?
Est-ce une naine ou une fée?
Est-ce Morphine ou Morphée?
Est-ce une naine ou une fée?

Héroïne, viens m’sauver
Mutile-moi le plus beau des tableaux
Qu’il traverse ma peau
Et prends-moi dans tes bras
Et prends-moi dans tes bras
Et prends-moi dans mes bras

Quand j’serai en boule dans un coin
Que tu m’blottiras dans tes seins
Comme la mère animale
Qui traîne encore son mort-né
Nous n’oserons plus regarder
Les cratères dans nos bras

Et le chant de nos aiguilles
Coulera au rythme du sang de leurs églises
Et le chant de nos aiguilles
Coulera au rythme du sang de leurs églises
(Ah ah ah ah...)