Shangai Lili

Quand Li Li a sept ans
Un matin de printemps
Son village est détruit
Par un bombardement

Dans le sable à ses pieds
Ses parents meurent brûlés
Le feu du lance-flamme
Brûle à jamais son âme

Avec d’autres enfants
On l’amène à la ville
La nuit sentait l’essence
Et la lune était blanche

Elle est belle on la vend
A un riche occupant
Elle devient une jeune fille
De très bonne famille

Mais comme le fleuve qui dort
Sous la glace en silence
Li Li attend sa chance
Elle attend le printemps
Printemps de sang

Quand Li Li a seize ans
Et qu’les marins la sifflent
Ça lui rappelle tout l’temps
Le bruit des bombes qui tombent

Et c’est couverts de sang
Qu’elle revoit ses parents
Et l’odeur du napalm
Parfume ses vêtements

Mais comme le fleuve qui dort
Sous la glace en silence
Li Li attend sa chance
Elle attend le printemps
Printemps de sang

Un jour un général
De l’armée occupante
Vient à la capitale
Li Li au premier rang
De la foule qui l’acclame
A reconnu celui qu’elle attendait
Elle lui fait les yeux doux
Lui donne un rendez-vous
Il est séduit, la suit
Elle le tue

Mais comme le fleuve qui dort
Sous la glace en silence
Li Li attend sa chance
Elle attend le printemps
Printemps de sang

Demain Li Li s’ra pendue
Dans dix ans on lui f’ra une statue
Shanghai Li Li

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