Ville fantôme

Le curé du village m’a fait un drôle d’aveu
Y’a pus de flamme dans ses yeux
Les fidèles sont rendus trop vieux
Le curé sait pus trop si il croit en Dieu
La belle du village ne croit plus en l’amour
Tous ses prétendants voulaient qu’elle se déshabille
Son cœur volage est rendu trop lourd
La belle veut mourir vieille fille

Le curé doute, l’église se vide
La belle commence à faire des rides

Le fou du village a pus le goût de rêver
Il hurle à la lune à toutes les nuits
On va être obligé de l’interner
Le fou n’a plus sa place ici
Le maire du village a perdu sa fierté
Il a vendu nos lacs, il a vendu nos champs
À des investisseurs étrangers
Le maire est rendu à l’argent

Le curé doute, personne à la messe
La belle veut pus jouer aux fesses
Le fou qui hurle sa détresse
Le maire est prêt à toutes les bassesses

Attention la tempête gronde
On achève d’écrire le premier tome
Ouvrez vos yeux tout le monde: on est en train de bâtir
une ville fantôme
Une ville fantôme

Le doyen du village ne peut plus raconter
On l’a mis en prison dans un foyer
Une muselière sur notre passé
Le patriarche se laisse doucement crever
La maîtresse du village endure pus les enfants
Ils sont dissipés pis ils comprennent rien

Pis vu que les enfants sont pus comme avant
La maîtresse prescrit du ritalin

Le curé doute, personne à la messe
La belle veut pus jouer aux fesses
Le fou qui hurle sa détresse
Le maire est prêt à toutes les bassesses
Le patriarche qu’on oublie
La maîtresse engourdit les petits

La tempête gronde, faites attention
On nous promet des jobs et pis des bonbons
Mais le problème est beaucoup plus profond:
La défaite est devenue tradition

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