Sur le bord de la rivière Rouge

Elle était partie vers six heures et demie faire
Sa promenade de tous les jours
Elle s’était vêtue de son pardessus avec son foulard
Et ses bottes de velours

Sur le bord de la rivière rouge

Elle a un visage d’ange et un regard étrange
Un mélange de haine et d’amour
Tous les gars des environs voudraient lui relever son jupon
Mais quand on la voit on fait demi-tour

Sur le bord de la rivière rouge
On est allé se promener

Moi je ne suis pas peureux
J’en suis même presqu’amoureux et
Comme un espion je la suis pour savoir pour qui, pourquoi
Elle se cache dans le bois et ne revient qu’au petit jour

Et je la suis, je la traque, mais ses pieds connaissent le sol
Et la forêt lui appartient
Elle en connaît tous les détours
Et je cours pourtant elle marche
On dirait qu’elle flotte, qu’elle vole
Et ma prudence me rappelle qu’au ciel décline l’astre du jour

Tout près de la rivière, y’a une petite clairière
Elle s’y assoit pour faire un feu
J’ai voulu m’approcher
Une branche a craqué et son regard a trouvé mes yeux

Sur le bord de la rivière rouge
On est allé se promener
Devinez ce qu’on a trouvé

Elle m’a fait un sourire, m’a fait signe de venir
Et sans un mot elle a ôté son manteau
Malgré le bruit des bêtes, pour nous le temps s’arrête
Quand mon désir rencontre sa peau

Sur le bord de la rivière rouge
On est allé se promener
Devinez ce qu’on a trouvé
Près des cendres d`un feu de bois

Et nous nous sommes endormis
Douce était la nuit mais je me suis
Fait réveiller par un hurlement de fou, des crocs dedans mon cou
J’ai su que pour moi il était trop tard

Sur le bord de la rivière rouge
On est allé se promener
Devinez ce qu’on a trouvé
Près des cendres d’un feu de bois
Le cadavre du jeune Gadouas

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